Nikita Ivanovitch Panin (1718-1783) était un diplomate et homme d'État russe issu de la famille Panine. Il devint le mentor du grand-duc Paul Petrovitch et dirigea la politique étrangère russe durant la première moitié du règne de Catherine II. Panin élabora le plan du "Accord du Nord" et l'un des premiers projets constitutionnels en Russie.
L'enfance de Panin se déroula à Pernov (aujourd'hui Pärnu, Estonie), où son père était commandant. Dans sa jeunesse, il fut admis au régiment de cavalerie de la garde impériale et, en 1740, obtint le grade de cornette. Grâce à son apparence séduisante, Panin fut accepté dans la haute société de Saint-Pétersbourg et reçut le titre de chambellan.
Au milieu des années 1740, des rumeurs circulaient selon lesquelles Panin rivalisait avec A. G. Razoumovski pour l'attention de l'impératrice Élisabeth Petrovna, mais il perdit à cause de sa paresse, ayant dormi pendant un rendez-vous prévu. Après cela, Panin abandonna sa carrière militaire pour une carrière diplomatique : en 1747, il se rendit au Danemark, puis devint envoyé en Suède. À Stockholm, il devint un partisan de la monarchie constitutionnelle et s'imprégna des idées des Lumières, décidant que la Russie devait s'opposer à l'influence anglaise dans la Baltique.
Panin se révéla être un diplomate compétent, mais sa carrière dépendait du patronage du chancelier A. P. Bestoujev-Riumin. Lorsque, en 1758, Bestoujev-Riumin tomba en disgrâce, Panin demanda sa démission. Cependant, en 1760, l'impératrice le nomma précepteur du grand-duc Paul Petrovitch.
Panin participa activement à la préparation du coup d'État en faveur de Catherine II, espérant qu'elle deviendrait régente pour le jeune Paul. Selon une version, il organisa l'assassinat de Pierre III. Catherine II récompensa Panin en le nommant conseiller secret et sénateur. Elle appréciait son intelligence et sa loyauté, mais leurs visions du gouvernement divergeaient.
En 1762, Panin proposa le projet de "Manifeste sur la création du conseil impérial et la division du Sénat en départements", limitant la monarchie dans l'esprit des Lumières. Catherine accepta d'abord le projet, mais ensuite y renonça, ne conservant qu'une partie concernant le Sénat, ce qui conduisit à la réforme sénatoriale de 1763.
L'expérience de Panin était nécessaire à Catherine également en politique étrangère. Pendant près de vingt ans, il fut son principal conseiller et le dirigeant de facto de la politique étrangère, occupant depuis 1763 le poste de membre senior de la Collégiale des affaires étrangères. Panin conclut des traités avec le Danemark et l'Angleterre, mais son influence diminua après la guerre russo-turque et le renforcement de G. A. Potemkine. La dernière contribution significative de Panin fut la "Déclaration de neutralité armée de 1780". En 1781, il se retira des affaires, laissant une empreinte dans l'histoire comme un diplomate talentueux ayant contribué aux succès de la politique étrangère russe.
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