En mai 1854, le commandement de Petropavlovsk a appris les plans des troupes anglaises pour assaillir la ville. En réponse, la garnison a commencé à se préparer d'urgence à la défense. Parmi les défenseurs se trouvaient des marins, qui ont rencontré un problème : ils ne savaient pas se battre sur terre et en formation dispersée, ils ressemblaient à des partisans effrayés.
L'entraînement des marins a été pris en charge par le capitaine de 1er rang Alexandre Pavlovitch Arbouzov. Tout d'abord, il a commencé à leur apprendre à manier la baïonnette. L'objectif était de s'approcher d'un sac de paille et, en évitant les coups, de toucher précisément l'"ennemi". Les marins y parvenaient, mais les actions en formation dispersée leur posaient des difficultés. Arbouzov a trouvé une approche créative : avant les entraînements, il invitait sur le terrain de jeunes paysannes, sans les prévenir que c'était un "terrain d'entraînement". Aux marins, il donnait pour mission d'agir discrètement et de se cacher habilement derrière n'importe quel abri. Si une seule fille remarquait le guerrier qui se glissait, la mission était considérée comme un échec. Cette méthode s'est avérée efficace.
Les marins ont appris à se comprendre sans mots, et les entraînements se sont transformés en jeu. Chacun s'efforçait de "capturer" silencieusement une belle. Plus tard, le capitaine Arbouzov a écrit que cela maintenait le moral de l'équipe, et les pensées sur les difficultés à venir ne les assombrissaient pas. Après les manœuvres, les marins partaient avec les "ennemis" vers les maisons, où ils buvaient du thé, chantaient et dansaient.
Les entraînements d'Arbouzov se sont révélés très efficaces. Lors du deuxième assaut de Petropavlovsk, son détachement s'est approché discrètement de la batterie occupée par les Anglais et, en criant "hourra", s'est lancé dans une attaque à la baïonnette. En se retirant, les Anglais ont perdu 32 soldats, 7 sabres d'officiers et un drapeau. Ainsi, les filles paysannes ont joué leur rôle dans le sauvetage de la ville.
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