Le 4 avril 1866, le paysan kostromien Osip Komissarov, travaillant comme chapelier à Saint-Pétersbourg, célébrait son nom. Pour cet événement, le propriétaire de l'atelier de chapeaux lui accorda un jour de congé, et il, de bonne humeur, partit se promener dans la ville. Dans le Jardin d'Été, il remarqua une foule rassemblée pour voir Alexandre II. Alors que l'empereur s'approchait de sa voiture, un jeune homme apparut près de Komissarov, qui sortit soudainement un pistolet et visa le tsar. Osip Ivanovitch frappa instinctivement sa main, et la balle partit dans les airs.
La police arrêta l'agresseur, qui s'avéra être le noble de Saratov Dmitri Karakozov. Avec lui, Komissarov fut amené au poste de police, mais il n'était pas clair s'il était suspect ou témoin. Bientôt, l'exploit de Komissarov fut connu dans toute la capitale. Alexandre II l'invita au Palais d'Hiver, lui remit l'ordre de Saint-Vladimir de 4e classe et le fit noble.
Après cela, les honneurs affluèrent pour l'ancien chapelier : les nobles de Moscou lui offrirent une épée en or, un club anglais le nomma membre d'honneur, à Saint-Pétersbourg, il devint citoyen d'honneur, Nicolas Nekrassov lui dédia un poème, et un propriétaire terrien lui offrit 780 dessiatines de terre.
Cependant, dans la haute société, Komissarov se sentait mal à l'aise, ne savait pas comment se comporter parmi les nobles et n'était pas habitué aux discours pompeux. Le général Totleben tenta de l'aider, grâce à quoi Komissarov fut admis au régiment de hussards de Pavlograd. Mais même là, il ne trouva pas sa place, se faisant connaître uniquement pour son penchant pour l'alcool.
Finalement, après sa démission, Osip Ivanovitch s'installa dans son domaine et se mit à l'apiculture. Il mourut en 1892, oublié et abandonné. Des rumeurs circulaient selon lesquelles la cause de sa mort était le delirium tremens et qu'il s'était suicidé lors d'une nouvelle crise.
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