Le musée des beaux-arts de Nice est situé dans le palais Kochubey sur l'avenue Bomet. Ce palais impressionne par sa beauté, et ses salles abritent de véritables trésors.
Le musée a des racines franco-russes. L'idée de créer une collection artistique à Nice a été proposée par l'empereur Napoléon III lors de sa visite dans la ville. C'était un geste politique : selon le traité de 1860 avec le Piémont-Sardaigne (prédécesseur de l'Italie), le territoire du comté de Nice a été cédé à la France, et l'empereur voulait faire bonne impression sur ses nouveaux sujets. Cependant, aucun bâtiment approprié pour le musée n'a été trouvé à l'époque, et la collection a d'abord été conservée dans des archives et une bibliothèque locale, puis exposée dans des locaux inadaptés.
En 1878, le prince Lev Viktorovich Kochubey et sa femme, Élisabeth Vassilievna, compositrice amateur connue pour ses romances telles que « J'ai connu tes yeux » sur des vers de Tioutchev, ont déménagé à Nice. Élisabeth Vassilievna a acquis un terrain à Nice et a commencé la construction du palais. Cependant, elle s'est rapidement lassée de ce projet et a vendu le bâtiment inachevé en 1883 à l'industriel américain James Thompson. En 1925, la ville a acquis la villa, et le Palais des arts a été établi ici, où le musée de l'artiste Jules Chéret a été créé. Au fil du temps, la collection s'est élargie grâce aux dons de collectionneurs, et Nice a obtenu le musée des beaux-arts.
La collection du musée est répartie sur deux étages. D'abord, le visiteur passe par l'ancien jardin d'hiver, où se trouve maintenant un patio, et accède à l'exposition de peinture primitive de Provence des XVIe-XVIIIe siècles. Il y a aussi une grande salle dédiée à l'œuvre de la dynastie de peintres Van Loo. Au premier étage, on peut voir des œuvres d'Angelo Bronzino, de Jan Brueghel l'Ancien, d'Abraham Bloemaert, de Jean Honoré Fragonard. Un magnifique escalier monumental mène au deuxième étage, où sont présentées des collections de peinture académique et de sculpture du XIXe siècle, ainsi que des œuvres d'impressionnistes et de post-impressionnistes. On peut y voir des œuvres de Claude Monet, d'Alfred Sisley, d'Eugène Boudin, d'Alexandre Cabanel, d'Édouard Vuillard, ainsi que des sculptures de Jean-Baptiste Carpeaux, de François Rude et d'Auguste Rodin.
L'élégant palais Kochubey, construit avec grandeur, avec ses hauts plafonds et son excellent éclairage, impressionne en soi comme une œuvre muséale. Les premiers propriétaires du palais, le prince et la princesse Kochubey, reposent au cimetière orthodoxe de Kokad à Nice. En se promenant dans les salles de réception, on peut imaginer leurs silhouettes, entendre les accords d'une romance et ressentir l'atmosphère de cette époque où Nice était une sorte de résidence d'été pour les brillants et confiants pétersbourgeois, entourés de tableaux et de sculptures silencieuses.
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