Le 19 décembre 1917, à Smolny, dans la chambre n° 75, un homme chauve en veste usée marchait nerveusement d'un bout à l'autre. C'était Lénine, le leader de la Révolution d'Octobre, qui écoutait avec inquiétude le rapport du directeur des affaires du Sovnarkom, le cynique Vladimir Bonch-Bruevich. Le directeur parlait de la panique parmi la direction du parti, du mécontentement croissant du peuple envers les bolcheviks et de la possibilité de complots et d'attentats.
Lénine interrompit Bonch avec mécontentement.
"N'avons-nous vraiment pas notre Fouché-Tenville pour remettre de l'ordre dans la contre-révolution ?"
Le lendemain, l'image de Fouché-Tenville de la Révolution d'Octobre prit vie. Cet homme se trouvait dans le même Saint-Pétersbourg enneigé, occupé par les bolcheviks.
Grand, maigre, en uniforme de soldat qui lui tombait comme un cintre, le 20 décembre, à Smolny, lors d'une réunion élargie du Sovnarkom, Félix Dzerjinski fit son apparition. Sous la protection de marins, dans le bruit et le chaos des événements, parmi les "monstres terrifiants" et "joyeux" du bolchevisme, que Lénine, dans des moments de franchise, qualifiait de "parmi nous, sur 100 honnêtes, 90 scélérats", après de nombreux discours, "enflammé de colère", se leva le Fouché-Tenville d'octobre.
Félix Dzerjinski parlait de terreur, des voies de salut de la révolution. Dans son visage émacié, ses yeux brillants et ses traits anguleux se ressentait un fanatique. Il parlait avec difficulté, dans un russe incorrect avec un accent polonais et des accents erronés. Il parlait avec émotion, se dépêchant, comme s'il craignait de ne pas avoir le temps de dire tout ce qui était nécessaire.
"Les révolutions sont toujours accompagnées de morts, c'est normal ! Nous devons appliquer toutes les mesures de terreur, lui donner toutes nos forces ! Ne pensez pas que je cherche une forme de justice révolutionnaire, la justice ne nous sied pas ! Nous ne devons pas avoir de longues discussions ! Maintenant, c'est une lutte corps à corps, pas pour la vie, mais pour la mort, qui l'emportera ?! Et je demande une seule chose, l'organisation d'une répression révolutionnaire !", criait-il, cet homme émacié et malade, ressemblant à un moine en uniforme de soldat.
Fouché-Tenville trouvé.
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