Arkadiy Averchenko : "Le roi du rire" en exil
Arkadiy Timofeievitch Averchenko, né le 15 mars 1880 et mort le 12 mars 1925, était un écrivain russe, satiriste, dramaturge et critique théâtral renommé. Son œuvre était appréciée tant par Nicolas II que par Lénine.
En 1917, Averchenko s'éloigna des œuvres purement humoristiques et se concentra sur la satire, dénonçant le pouvoir et les politiciens contemporains. Dans ses écrits de cette période, le monde se divise en deux parties : avant et après la révolution. Averchenko voyait la révolution comme une tromperie pour l'homme de travail, qui tôt ou tard doit en prendre conscience et rétablir l'ordre dans le pays. Il pousse la situation à l'absurde : dans la nouvelle « Leçon dans une école soviétique », les enfants étudient à partir d'un livre sur la nourriture d'autrefois, et dans l'œuvre « Rois chez eux », il dépeint Trotski et Lénine sous les traits d'un mari débauché et d'une femme querelleuse. Le second monde de la Russie dans ses œuvres est celui des réfugiés, ceux qui se retrouvent en émigration, représenté par l'image de Constantinople.
En 1921, à Paris, Averchenko publia un recueil de pamphlets intitulé « Une douzaine de couteaux dans le dos de la révolution », qui suscita de vives critiques dans la presse soviétique. N. Meshcheryakov le qualifia de « l'humour du pendu ». La même année, Lénine, dans un article intitulé « Un livre talentueux », qualifia Averchenko de « blanc-gardiste enragé » mais reconnut son livre comme « hautement talentueux ». En réponse, Averchenko écrivit la nouvelle « Lettre amicale à Lénine d'Arkadiy Averchenko », où il résumait son parcours d'émigrant « des "Varègues" de Saint-Pétersbourg aux "Grecs" de Constantinople », commençant par l'interdiction par les bolcheviks du « Nouveau Satirikon » et les arrestations massives.
La dernière œuvre d'Averchenko fut le roman « La Blague du Mécène », écrit en 1923 à Sopot et publié en 1925 à Prague, déjà après sa mort. Il est enterré au cimetière d'Olsany à Prague.
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