L'œuvre parfaite du réalisme socialiste doit amener le lecteur à penser que le pouvoir soviétique est le meilleur.
Au centre du livre doit se trouver un héros positif. Dans le passé, c'était un fanatique révolutionnaire, comme Pavka Korčagin, et aujourd'hui, c'est un idiot fini, comme le secrétaire du comité régional Kochetkov, ou un ouvrier conscient qui affirme que le véritable révolutionnaire est celui qui dépasse les objectifs de production et obéit à ses supérieurs. Le héros positif est un homme bien bâti de race nordique (cheveux blonds, yeux bleus, un nom de famille russe simple, un prénom simple). Il est toujours prêt à se sacrifier pour sauver la Patrie, le drapeau, la propriété socialiste, pour la production d'acier ou la récolte. Il travaille beaucoup, fume beaucoup et dort peu. Ses relations avec les femmes sont mystérieuses. Il ne lit que Marx, Lénine et le secrétaire général vivant. Il est toujours sûr de la justesse de sa cause, parle doucement mais avec assurance, serre la main fermement, regarde droit dans les yeux. Dans ses rares moments de libre, son passe-temps préféré est la pêche.
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Dans une œuvre exemplaire du réalisme socialiste, il doit y avoir les soi-disant « signes du nouveau ». Par exemple, si le héros positif déclare son amour à l'héroïne positive, elle l'interrompt au moment le plus pathétique par un cri tel que : « Oh, un satellite passe ! »
Vladimir Nikolaïevitch Voinovitch (26 septembre 1932, Stalinebad, RSS du Tadjikistan, URSS - 27 juillet 2018, Moscou) - écrivain russe. En 1980, il a été privé de sa citoyenneté soviétique, ce qui l'a contraint à émigrer de l'URSS ; jusqu'au milieu des années 2000, il a vécu en Allemagne. Auteur des paroles de la chanson « Je crois, mes amis » (« Quatorze minutes avant le départ »), qui est devenue l'hymne des cosmonautes soviétiques.
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